3 ateliers pour maîtriser les Design Tokens
Comment prototyper un site fonctionnel, comment implementer la méthode chez un client. Retour d’expérience.
Lors de notre campagne sur l’accessibilité et l’IA, nous avions besoin de créer rapidement un site fonctionnel pour dénoncer les fausses promesses des audits automatisés.

Le défi : produire un prototype réaliste, professionnel et accessible en moins de 24 heures.
La solution : Figma Make (outil équivalent à Lovable).
Voici comment nous avons procédé et surtout ce que j’ai appris sur cet outil en conditions réelles de production, sur ce projet mais aussi sur la fabrication d’un prototype en situation réelle, chez un client, avec un design system complet.
J’ai d’abord expliqué notre projet à ChatGPT en langage « naturel » et je lui ai demandé de me rédiger le prompt parfait pour Figma Make.
Voici le prompt complet que j’ai utilisé :
Design a single-page marketing website that sells a fake AI-powered accessibility audit service. The site must appear highly professional, visually engaging, and persuasive. The design should be fully compliant with WCAG 2.1 / RGAA 4.1, including strong color contrast, keyboard navigability, screen-reader friendliness, and semantic HTML structure.
The user lands on a hero section with:
When the user enters a URL and clicks « Launch audit », simulate a 15-second animated progress bar (very dynamic, full-width), replacing the input field.
During the animation, sequentially show realistic audit phases like:
At the end, show a flashy completion animation with a message like « Audit complete! » and then transition to a new result screen.
The result screen should display:
Additional requirements:
Style direction: Clean, modern, accessible-first. Avoid dark mode by default. Typography must be legible and scalable.
À partir de la base produite, on a itéré une dizaine de fois pour ajuster certains textes, certains aspects graphiques, certains points d’accessibilité et pour rendre le site consultable en Anglais.
On l’a ensuite lié à une URL Frontguys (https://ia11y.frontguys.fr/) afin de rendre le site plus crédible.
Au final : une journée de travail au global pour concevoir et mettre le site en ligne.
Gain de productivité : ×8
Depuis l’arrivée de Figma Make, une question revient souvent dans les équipes produit :
qu’est-ce que ça change vraiment, d’intégrer un prototype interactif et réaliste dans un projet client ?
La réponse : beaucoup de choses.
Parce qu’on ne parle plus d’une simple maquette, ou d’un prototype statique, mais d’un prototype fonctionnel capable de simuler de vraies interactions, de tester des parcours complets, et d’aligner rapidement tous les acteurs — métier, design, et technique — autour d’une même expérience tangible.
Dans un contexte client complexe, avec un Design System déjà en place, avec une charte établie, cette intégration change profondément la manière de concevoir, de valider et de collaborer.
Nous distinguons toujours deux livrables dans notre approche :
les écrans de conception et le prototype d’expérience.
Ils constituent la base de travail.
C’est ici que les designers construisent les interfaces à partir du Design System, valident les contenus et les états fonctionnels, et itèrent avec les métiers et les devs.
Ils représentent le périmètre fonctionnel validé à un instant T : ce qui va être produit, testé, livré.
Le prototype, lui, dépasse le cadre figé des écrans statiques.
Grâce à Figma Make, il devient un produit simulé : navigation réelle, transitions fluides, comportements dynamiques.
Il permet de tester la cohérence de l’expérience complète, d’identifier les zones de friction et de recueillir du feedback beaucoup plus tôt.
Et surtout, il parle à tout le monde : développeurs, métiers, utilisateurs.
👉 Le prototype n’est plus une vitrine, c’est un outil de décision et de transmission.
Intégrer un prototype Figma Make dans le workflow change la dynamique d’équipe :
Résultat : moins de réunions d’interprétation, plus de décisions fondées sur l’expérience vécue.
Et une meilleure anticipation de l’effort de développement.
Au-delà de l’outil, ce que Figma Make change réellement, c’est la culture design.
En rendant l’expérience visible et testable très tôt, on aligne les équipes sur une réalité commune.
Cela renforce la collaboration, encourage les échanges transverses, et réduit le décalage entre la vision métier et la mise en œuvre technique.
Dans un environnement outillé d’un Design System, cette boucle rapide entre idée, test et ajustement devient un vrai accélérateur d’apprentissage collectif.
L’intégration de Figma Make ouvre une voie passionnante : celle du prototypage réaliste et collaboratif, au service de la clarté et de la qualité.
On teste mieux, plus tôt, avec plus de sens.
Et surtout, on redonne au design son rôle premier : faire le lien entre vision et réalité.

Attention : pour l’instant, Figma Make remplace uniquement les prototypes classiques de Figma. C’est un outil de passation et d’alignement sur l’expérience, ce n’est pas un outil de passation dev.
On a toujours besoin :
En revanche, il aide beaucoup :
Ils ont enfin une référence réaliste pour décrire et comparer ! C’est TRÈS puissant !
Plutôt rapide. On voit très vite les limites quand on lui fournit des écrans complets.
Définir une nomenclature et donner des noms clairs aux différents éléments, composants etc. Cela peut se faire dans le fichier Guidelines.md.
Dans ce fichier, on peut lui écrire en langage naturel. Il s’agit ici de lui donner des règles fontionnelles, des attendues de comportement (responsive, interaction, accéssibilité, utilisation des variables ou token, etc…)
Exemple : ne permet jamais qu’un élément de contenu dépasse de la zone affichable.

Comme en vrai, plus la documentation sera complète, plus il sera efficace.
C’est indispensable pour que Figma Make comprenne la structure. Il faut être rigoureux (exit la fonctionnalité Rename Layer de Figma)
Exemple :
Le layer d’une liste à puce doit être bulleted list
Les layers de chaque item de cette liste peuvent s’appeller icon + text
Il faut bien préparer le terrain en préparant :
Et même comme ça, il n’arrive pas à faire le job parfaitement. Il faut itérer et comprendre ses limites. Une fois qu’un composant est bien produit, là il ne se trompe plus quand on l’appelle.
Plus on découpe les tâches, mieux il fait du premier coup.
Dès fois un manque d’espace est en fait un manque de zone de scroll. Il faut toujours essayer d’être factuel sur le comportement attendu, et pas lui donner une solution design ou technique, sauf si vous êtes sûr de la solution.
Exemple : passer un composant en version mobile à partir d’un certain breakpoint. (en lui fournissant la frame de ce composant en mobile)
Comme pour un Design System, bien identifier ce qui va être réutilisable et lui préciser en permanence.
Il faut les découper, et éventuellement s’aider d’une autre IA textuelle comme ChatGPT pour rédiger le prompt. Les résultats sont meilleurs.
Si vous avez des grands contenus à mettre dans vos écrans (beaucoup de texte par exemple), vous pouvez lui demander de créer un fichier markdown dans les fichiers de code. Mais également, aller copier-coller vous-même le texte dedans. Il pourra aller piocher dedans.
N’hésitez pas à vous servir de la flèche d’inspection pour sélectionner des éléments directement dans le design, comme avec un inspecteur, pour aller voir le code et le modifier ou bien prompter spécifiquement sur cet élément.
Pour modifier un texte, ou des éléments simples, inspectez l’élément et modifiez le texte directement dans le code.
Gros pain point : si vous utilisez des modes de variables, il ne vas pas comprendre si vous lui demandez d’utiliser un certain mode. Il utilisera le mode de variable par défaut sauf si vous personnalisez les global CSS : supprimez les CSS des modes que vous ne voulez pas utilisé. Je n’ai pas trouvé de solution pour l’instant.
Pour les CSS, si on ne prompt pas de demande de changement visuel, il ne les change pas. Le but est de toujours utiliser les variables dans les prompts pour qu’il les respecte. Je n’ai pas encore testé mais je pense que dans Guidelines, si on lui dit de ne pas utiliser de valeurs en dure et de n’utiliser que les variables de global.css il le fait vraiment. Parce que le gros problème aujourd’hui c’est que quand je lui file une frame de Figma avec les variables appliquées il ne les reconnaît pas forcément.
Il bug souvent sur des éléments visuels fournis, mais en lui apprenant et lui répétant les choses, il finit par comprendre.
Il faut itérer encore et encore pour avoir un résultat parfait (surtout pour coller à son DS).
Il sait faire des composants réutilisables, mais ne le fait pas bien, donc il faut bien lui préciser et lui donner la documentation précise pour qu’il y arrive.
Impossible de lui donner un composant en entier donc il faut lui fournir et lui décrire les variants un par un.
Oui, je ne ferais plus jamais de prototype avec Figma Design (ou alors des tout petits éléments, rapides à faire – interactions basiques de composants par exemple).
Figma Make produit plus vite. IL est plus facilement maintenable et surtout les prototypes sont réalistes, enfin…
Les utilisateurs en tests peuvent vraiment tester les fonctionnalités avancées !
Écrire dans un champs texte, faire une vraie recherche etc : c’est une révolution !
L’IA ne remplace pas la réflexion design mais elle transforme radicalement le prototypage :
Pour en savoir plus sur le projet qui nous a permis de tester Figma Make en conditions réelles, consultez l’article « Quand l’IA bouscule l’accessibilité : le faux audit qui dit la vérité ».
Ressources :
Pour discuter d’un projet d’accessibilité ou d’intégration de l’IA dans vos process produit, contactez-nous !